Le Svalbard est un archipel norvégien sur lequel généralement la nuit est permanente, le soleil ne s’y lève que de la fin du mois d’avril à la fin du mois d’août et il n'est pas violent. Peu de soleil et pourtant des scientifiques viennent d'y retrouver... de la crème solaire.
Archipel norvégien situé en mer de Barents et dans l’océan Arctique, Svalbard se trouve au pôle Nord. C’est une région particulière sur laquelle le soleil perce peu, tout juste 4 mois dans l'année, de la fin avril à la fin août. Il se fait rare et, lorsqu'il sort, n'est pas vraiment violent. Quelle ne fut pas la surprise d’une équipe de chercheurs et chercheuses lorsqu’ils se sont aperçus que l’archipel était pollué par des traces de crème solaire…
Cette équipe de l'Université de Ca’ Foscari, à Venise, de l’Institut des sciences polaires d’Italie et du Centre universitaire de Svalbard a travaillé pendant deux mois en récoltant des échantillons prélevés sur 5 glaciers de la péninsule de Brøggerhalvøya. Leur but : analyser et mesurer les concentrations de produits chimiques préoccupants dans la neige et tracer leur origine.
C'est comme cela que l'équipe a pu repérer des produits chimiques communément utilisés dans les écrans solaires. Concrètement, on parle de composants comme des filtres anti-UV et des substances parfumées. "Nous avons identifié pour la première fois des contaminants tels que la benzophénone-3, l'octocrylène, le méthoxycinnamate d'éthylhexyle et le salicylate d'éthylhexyle dans la neige arctique", a précisé Marianna D'Amico, doctorante en sciences polaires à l'université Ca' Foscari de Venise et autrice principale de l'étude.
Certains des sites sur lesquels ces traces de crème solaire ont été retrouvées sont à proximité de lieux où vivent des humains, mais d’autres sont très isolés et c’est ce qui inquiète les scientifiques. Les effets néfastes de ce type de composés chimiques, dont certains sont des perturbateurs endocriniens, ont déjà été démontrés, en particulier sur les organismes aquatiques. Ils peuvent pas exemple être absorbés par les coraux, perturber leur croissance et les blanchir...
Leur utilisation est d’ailleurs réglementée dans plusieurs îles du Pacifique et ils font l’objet d’un suivi minutieux par l’Union européenne.
Image : Svalbard / Jonathan NACKSTRAND / AFP