« Aujourd’hui / maman est morte / mais pas hier / et surtout pas demain / il n’y a plus rien à dire. » Et pourtant, l’auteur de ces mots – le fils, le (sur)vivant, témoin de la mort de celle qui l’enfanta– parle. Mais de quoi ? Comment parler du deuil et depuis le deuil ? Peut-on raconter la mort de sa propre mère ? Selon quelle chronologie ? En faisant appel à quel vocabulaire ? À quelle mémoire ? Abyssales bien qu’ordinaires (la mort des proches s’inscrit, dit-on, dans l’ordre des choses), ces questions nous les adresserons à Nicolas Boulet, auteur d’un journal du deuil en vers nous saisissant par sa force poétique, sa profondeur émotionnelle, sa musicalité grinçante, sa vocation philosophique.