Derrière le petit point bleu de nos smartphones se cache une infrastructure militaire devenue indispensable à la vie quotidienne. Cet épisode de la série « Tout comprendre » explique comment des satellites, des horloges atomiques et même la relativité d’Einstein permettent de nous localiser à quelques mètres près.
– Série « Tout comprendre », avec le soutien de Frogans.
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Utilisé par Google Maps, Apple Plans ou Waze, le GPS paraît aujourd’hui banal. Pourtant, ce système est né pendant la guerre froide pour guider les forces armées américaines, bien avant de trouver sa place dans les voitures puis dans les smartphones.
Son histoire remonte au lancement de Spoutnik en 1957. En étudiant l’effet Doppler produit par le signal radio du satellite soviétique, des chercheurs américains comprennent qu’il est possible d’inverser le raisonnement : si la trajectoire d’un satellite est connue, son signal peut servir à déterminer la position d’un récepteur sur Terre.
Le GPS repose sur une constellation d’au moins 24 satellites situés à plus de 20 000 kilomètres d’altitude. Contrairement à une idée reçue, ils ne nous observent pas et ne reçoivent pas directement notre position : ils diffusent en permanence leur emplacement et l’heure exacte d’émission de leur signal.
Le smartphone mesure le temps mis par ce signal pour lui parvenir, puis en déduit la distance qui le sépare du satellite. En combinant les données d’au moins quatre satellites, il calcule sa latitude, sa longitude, son altitude et corrige l’imprécision de sa propre horloge. Cette méthode s’appelle la trilatération.
La précision du système dépend avant tout de la mesure du temps. Une erreur d’une microseconde peut déjà provoquer un décalage d’environ 300 mètres.
Les satellites embarquent donc des horloges atomiques extrêmement précises. Le GPS doit également corriger les effets prédits par les théories de la relativité d’Albert Einstein : dans l’espace, la vitesse des satellites et la gravité plus faible modifient légèrement l’écoulement du temps. Sans ces corrections, les erreurs de localisation atteindraient rapidement plusieurs kilomètres.
Le GPS ne sert pas seulement à trouver une adresse. Ses signaux horaires synchronisent aussi des réseaux téléphoniques, des infrastructures électriques, des systèmes financiers et de nombreux équipements industriels.
Ouvert progressivement aux usages civils, il devient pleinement opérationnel en 1995. En mai 2000, les États-Unis mettent fin à la dégradation volontaire du signal civil, ce qui améliore fortement sa précision et accélère sa diffusion dans les transports, l’agriculture et les appareils mobiles.
Le mot « GPS » désigne en réalité le système américain. D’autres constellations existent, notamment GLONASS en Russie, BeiDou en Chine et Galileo en Europe, un système placé sous contrôle civil.
Dans les smartphones, les signaux satellitaires sont complétés par les antennes mobiles, le Wi-Fi, le Bluetooth, la boussole et les capteurs de mouvement. La précision peut néanmoins se dégrader entre de hauts immeubles, sous un tunnel, dans un parking ou lorsque les signaux sont volontairement brouillés.
Le jamming consiste à empêcher la réception du signal, tandis que le spoofing diffuse de fausses informations pour tromper les appareils. Notre navigation quotidienne dépend ainsi d’une infrastructure invisible, puissante, mais qui peut aussi être perturbée.
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