Dans cet épisode du podcast "Les classiques de l'économie", Nathalie Janson explore les différences fondamentales entre les modèles bancaires européen et américain.
Elle commence par expliquer les deux principaux modèles à l'œuvre : le modèle « originate-to-hold », où la banque accorde un crédit et le conserve jusqu'à son remboursement, et le modèle « originate-to-distribute », où la banque revend les crédits qu'elle a accordés à des investisseurs sur les marchés financiers.
Elle explique que l'évolution des banques américaines vers ce second modèle s'est produite dans les années 1980, face à une concurrence croissante des marchés monétaires qui ont permis aux grandes entreprises et aux ménages de se financer directement sans passer par les banques. Celles-ci ont dû alors trouver de nouvelles sources de revenus, notamment à travers la titrisation, qui consiste à transformer des crédits en titres financiers négociables.
Nathalie Janson souligne que ce modèle a permis d'augmenter le volume de crédits accordés, mais peut aussi créer des problèmes d'incitation pour les banques, qui peuvent être tentées de se montrer moins attentives à la qualité des emprunteurs si elles savent qu'elles vont revendre les crédits. C'est l'une des leçons de la crise des subprimes.
La professeure compare ensuite les performances des deux modèles. Si le modèle américain est généralement plus rentable, avec un ROE moyen de 12% contre 10% en Europe, le modèle européen est souvent plus stable, reposant sur une relation bancaire de long terme avec le client. Cependant, il est aussi moins agile et plus consommateur de capital.
En conclusion, la professeure d'économie souligne que les deux modèles présentent des avantages et des inconvénients : le modèle européen est plus résilient et stable, tandis que le modèle américain accélère le financement de l'économie, au risque parfois de faire des sorties de route.
Distribué par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.