Dans cet épisode de "L'invité de la matinale", David Abiker reçoit Emmanuel Moulin, le gouverneur de la Banque de France. Celui-ci livre son analyse sur les impacts économiques potentiels d'une victoire de l'équipe de France à la Coupe du monde de football, avant d'aborder des sujets plus larges concernant la situation économique du pays.
Le gouverneur commence par tempérer l'enthousiasme autour d'une éventuelle victoire des Bleus, expliquant que l'impact économique resterait limité, avec seulement quelques secteurs comme la télévision ou la restauration qui pourraient en bénéficier. Il souligne que l'essentiel est de saluer la performance sportive de l'équipe.
Le cœur de l'entretien se concentre ensuite sur l'évolution de la conjoncture économique française. Emmanuel Moulin revient sur les prévisions de croissance de la Banque de France, qui ont été revues à la hausse grâce à des indicateurs plus favorables que prévu en juin. Il explique que l'enquête mensuelle de conjoncture a notamment fait état d'un rebond dans l'industrie et les services, malgré des carnets de commandes encore déprimés.
Il se montre prudent quant à la suite, jugeant l'environnement géopolitique extrêmement volatile. Il estime néanmoins que l'économie française a fait preuve de résilience ces derniers mois, avec des entreprises capables de s'adapter, notamment face à la canicule.
Il évoque ensuite les défis à venir, à commencer par le feuilleton budgétaire qui s'annonce complexe, dans un contexte de déficit public élevé et de dette qui continue d'augmenter. Il plaide pour un assainissement des finances publiques, jugeant que cela conditionne la capacité d'investissement de la France dans des secteurs stratégiques comme l'intelligence artificielle ou la transition écologique.
Interrogé sur son indépendance vis-à-vis du pouvoir politique, le gouverneur se veut rassurant, affirmant que la Banque de France ne s'immisce pas dans le débat démocratique mais peut néanmoins rappeler certaines réalités économiques incontournables. Il se dit ainsi prêt à corriger d'éventuelles « âneries » économiques qui pourraient être proférées durant la campagne présidentielle.
Enfin, Emmanuel Moulin défend l'engagement et le professionnalisme des fonctionnaires, tout en reconnaissant que des progrès peuvent être faits en termes d'efficacité de la dépense publique. Il se dit fier de son parcours de haut fonctionnaire et rejette l'idée d'être un « homme d'Emmanuel Macron », affirmant avoir sa propre vie et indépendance.
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