Pour célébrer les trois premières saisons de Folie Douce, et vous faire découvrir des épisodes que vous auriez loupés, on vous propose cet été de réécouter les moments les plus forts du podcast avant de lancer la nouvelle saison à la rentrée !
D’ici là bel été, et prenez soin de vous.
Cet épisode de Folie Douce a été diffusé le 21 novembre 2025.
Alors que cette semaine marquait la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, voilà ma pierre à l’édifice. Un entretien avec l’essayiste et documentariste Pauline Chanu, qui vient de publier un essai puissant : Sortir de la Maison Hantée. (La Découverte).
Vous vous apprêtez à écouter le premier épisode hanté de Folie Douce, préparez-vous.
Lorsque le festival Offscreen m’a proposé d’enregistrer un entretien dans la chapelle de la Salpêtrière, à Paris, j’ai tout de suite su que je devais m’y entretenir avec Pauline Chanu pour revenir avec elle sur les violences qu’ont subi, à la fin du 19ème siècle, les « hystériques » du professeur Charcot, des femmes dont la folie servait de spectacle aux intellectuels parisiens et dont le corps, sexualisé à outrance, s’imprime encore dans nos imaginaires.
Alors on a fait ça. On a parlé de ces patientes d’hier et de leurs héritières, les psychiatrisées, d’aujourd’hui. On a parlé d’Augustine, de Freud, mais aussi de Britney Spears, de Marie Trintignant. On a aussi parlé des raisons personnelles qui ont poussé Pauline Chanu à se pencher sur cette question.
Car Pauline, en s’appuyant sur des entretiens nombreux, avec des femmes victimes, démontre que l’imaginaire de l’hystérique infuse encore les mentalités aujourd’hui, y compris au sein du monde médical, où le diagnostic continue d’être prononcé de façon plus ou moins assumé. Ce terme prend parfois la forme de qualificatifs différents comme “borderline”, mais sert toujours à rabaisser la parole des femmes. Et toujours, Pauline Chanu est limpide à ce sujet, il y a derrière la femme dite « hystérique » un « hystériseur », c’est-à-dire un homme violent qui pratique le “gaslighting” car il a tout interêt à ce que la parole de cette femme soit totalement décrédibilisée.
Il régnait une atmosphère très particulière pendant notre échange, qui persiste, je le sais, à l’écoute de l’épisode. J’espère au fond de moi que quelques patientes du professeur Charcot s’étaient glissées dans la chapelle lors de cet enregistrement où nous leur avons fait justice.
Je remercie infiniment Pauline Chanu d’avoir accepté mon invitation. Et merci au festival Offscreen de nous avoir donné la possibilité de vivre ce moment unique.
Photo : Romy Alizée
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