« C’est en faisant qu’on innove. C’est en se trompant. »
À Bruxelles, La Cambre Mode[s] a formé des créateurs qui dirigent aujourd’hui certaines des plus grandes maisons. Mais que se passe-t-il réellement dans ses ateliers ? Et peut-on apprendre à être créatif ?
J’ai rencontré Tony Delcampe, coordinateur pédagogique de l’atelier de stylisme et création de mode, et Cyril Bourez, diplômé de l’école devenu enseignant et designer, juste avant notre talk à Première Vision. Ensemble, ils décrivent une pédagogie fondée sur le corps, le volume, la technique et l’expérimentation.
Dès le premier jour, les étudiants moulent un buste au ruban adhésif, le découpent à plat, puis reconstruisent un volume. Pendant cinq ans, ils apprennent à couper, assembler, se tromper et recommencer. Tony explique pourquoi il tient à écarter les moodboards, la narration plaquée sur un vêtement et l’IA du cœur de ce travail. Cyril raconte comment cette méthode prépare aussi à collaborer avec les ateliers et les maisons.
Nous parlons de sélection, d’audace, de Mathieu Blazy, de savoir-faire, du décalage entre le statut de « designer star » et la réalité du métier, mais aussi des stages et des salaires à la sortie de l’école. Une conversation concrète sur ce que signifie former une génération de créateurs.
Dans cet épisode, vous découvrirez :
- Ce que Tony et Cyril cherchent vraiment lors de l’examen d’entrée.
- Pourquoi un portfolio de boîtes de camembert peut révéler davantage qu’une collection bien cousue.
- La méthode du buste moulé, du volume à la surface puis de nouveau au volume.
- Pourquoi, à La Cambre, un vêtement doit tenir sans récit pour l’expliquer.
- Comment les étudiants passent de la maîtrise technique à leur propre écriture.
- Ce que l’école pense des moodboards, des images et de l’intelligence artificielle.
- Pourquoi le savoir-être compte autant que le savoir-faire dans les maisons.
Timeline
- 01:34 : Enregistrement à Première Vision, la question « La créativité, ça s’apprend ? »
- 02:39 : Cyril Bourez, ancien étudiant, designer et enseignant
- 03:31 : Tony Delcampe, de ses études à la direction de l’atelier
- 04:51 : Une école de mode au sein d’une école d’art
- 06:32 : Pourquoi La Cambre parle de « modes » au pluriel
- 08:49 : Mettre les enjeux marketing à distance pendant la formation
- 10:18 : Sélection, curiosité et résistance au rythme des cinq années
- 13:26 : Ce que l’école recherche chez les candidats
- 14:30 : L’audace, le passage à l’acte et les mains dans la matière
- 16:10 : Le candidat et sa collection de boîtes de camembert
- 18:29 : Apprendre en fabriquant des vêtements sur des corps
- 19:41 : Le premier exercice, mouler un buste puis le remettre à plat
- 20:45 : Histoire de l’art, costume, cinéma et autres cours communs
- 23:25 : Pourquoi un designer doit comprendre la coupe et la couture
- 24:23 : Le vêtement au centre, face à la narration et à l’image
- 27:45 : La créativité, une capacité qui s’apprend avec de la curiosité
- 28:42 : L’école et les tendances de l’industrie
- 29:46 : Stages, jurys extérieurs et rencontres avec les maisons
- 31:23 : Le réseau des diplômés et la « famille » La Cambre
- 34:27 : Savoir-faire et savoir-être dans les ateliers
- 36:46 : Innover par les matériaux, le volume et l’erreur
- 37:53 : IA, Pinterest et moodboards, les limites de l’image
- 41:39 : Mathieu Blazy, culture du vêtement et savoir-faire
- 43:47 : Le cursus, des exercices techniques à la collection finale
- 45:51 : Analyser quelques images en profondeur en master 1
- 49:22 : Les premières étapes après l’école dans les maisons
- 50:34 : Une méthode qui évolue avec les étudiants
- 53:33 : La surcharge d’images et l’importance des références
- 57:01 : La réalité des stages, des salaires et du système de la mode
- 59:24 : Une école publique, des moyens limités, l’envie de transmettre
- 1:01:03 : Conclusion avant l’entrée en scène
Distribué par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.