Merci à Sarah Espeute de nous avoir reçus dans son atelier à Marseille !
Sarah est artiste, designer et fondatrice d’Œuvres sensibles, une maison de linge d’intérieur connue pour ses nappes brodées en trompe-l’œil et ses immenses rideaux en forme de vêtements. Des pièces entièrement fabriquées à la main, vendues jusqu’à 2 500 euros et aujourd’hui distribuées dans une vingtaine de boutiques à travers le monde.
Pourtant, rien de tout cela n’était vraiment prévu. Avant de rencontrer le succès, Sarah a lancé une première entreprise, vécu une association particulièrement difficile, puis tout abandonné pour recommencer seule, sans matériel et sans véritable plan.
Dans cet épisode, elle nous raconte comment une nappe imaginée presque par hasard est devenue un objet de luxe, comment elle a construit une entreprise de huit personnes sans publicité, pourquoi ses créations séduisent davantage les Américains que les Français, et comment elle tente aujourd’hui de rester artiste tout en dirigeant une entreprise en pleine croissance.
On parle aussi du prix du fait main, de la copie, de liberté créative, de management, de production française et de la difficulté à transformer une œuvre d’art en objet du quotidien.
Timeline
01:28 : Visite de l’atelier-boutique à Marseille : showroom, nappes brodées, rideaux-vêtements, objets et espace de production
08:22 : Les origines de Sarah Espeute : enfance dans le Sud, découverte des arts appliqués et départ pour Paris
12:22 : Entre beaux-arts et design appliqué : le refus de se spécialiser et la recherche d’une plus grande liberté créative
14:41 : L’expérience londonienne : clips musicaux, travail fait main et découverte de la risographie
16:10 : La création de son premier atelier d’impression Riso Presto : entrepreneuriat, microédition et débuts dans son appartement
20:29 : Une association qui tourne mal : perte de contrôle, manipulation et décision de tout quitter
23:27 : Repartir de zéro : abandon du matériel, reconstruction personnelle et retour au travail en solitaire
25:44 : Klima Intérieurs : un projet manifeste entre illustration, design fictif et objets imaginaires
27:32 : Le départ à Marseille : quitter Paris, trouver un atelier et provoquer un nouveau départ
29:41 : La naissance d’Œuvres sensibles : broderie, trompe-l’œil et création de la première nappe signature
32:43 : Peut-on vendre une nappe comme une œuvre d’art ? Prix du fait main, perception du luxe et difficulté à valoriser les objets domestiques
34:58 : Le décollage pendant le Covid : Instagram, premières ventes directes et engouement autour des nappes brodées
37:34 : De l’objet viral à l’entreprise : presse, collaborations, Le Bon Marché et structuration de la production
40:15 : Changer d’échelle sans industrialiser : formation des brodeurs, délégation et création d’un réseau artisanal à Marseille
44:58 : Les grandes étapes de croissance : commandes importantes, collaboration avec Christofle, déménagements et constitution d’une équipe de huit personnes
48:05 : Organisation et modèle économique : rôle de son frère, gestion financière, intuition et équilibre entre création et pilotage
50:48 : La naissance des rideaux-vêtements : exposition, pièces géantes et transformation d’une idée artistique en produit permanent
54:11 : Produire localement à un coût élevé : artisanat, prix des nappes et pari d’un positionnement luxe inattendu
57:40 : Une clientèle très internationale : succès aux États-Unis, art de vivre français et réseau de revendeurs
59:12 : Grandir sans publicité : force visuelle du produit, bouche-à-oreille et limites entre communauté et acheteurs
1:00:44 : Les projets sur mesure les plus ambitieux : installations géantes, collaborations de marque et flexibilité de l’atelier
1:03:24 : La vision pour la suite : externaliser certaines gammes, préserver les pièces d’exception et améliorer les marges
1:05:50 : Ce qu’elle referait différemment : équipe féminine, management et héritage de sa première mauvaise association
1:07:49 : Artiste avant d’être cheffe d’entreprise : frustration créative, retour à la peinture et nécessité de retrouver du temps pour créer
1:10:36 : Transmission du relais : les créatrices marseillaises qui l’inspirent et la place de l’autodidaxie
1:11:29 : Bonus atelier : découverte des livres KLIMA, des objets imaginaires et des influences issues du design des années 1990
1:16:34 : La copie et la protection des idées : impossibilité de tout déposer et choix de répondre par l’innovation
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